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Réunir la famille pour discuter la situation

Temps de lecture 7 min

Anticiper les divisions familiales

La réponse que les membres d’une famille vont apporter au SOS d'un parent en perte d'autonomie découlera entièrement des liens affectifs qui auront été tissés une vie durant. La crise que la famille traverse va vérifier la force des liens affectifs, et révéler les carences réelles d'affection, les rapports de force latents ou les déséquilibres. Mais attention c’est la famille qui peut finir par tomber malade, d'autant plus quand survient le besoin de mettre en place une mesure de protection juridique.

6 conseils pour préparer le terrain et éviter une brouille

Réunir toute la famille autour d’un père ou d’une mère en perte d’autonomie peut se révéler un véritable défi. Pour aboutir à une action collective constructive, il faut canaliser l émotion.

Quelques conseils en ” management ” peuvent se révéler utiles.

1) Organisez une réunion et déterminez les motivations des membres de votre famille

Si vous êtes en position d’aidant principal et que vous entendez bien ne pas assumer seul(e) le fardeau parental, il vous faut agir avec précaution.

Tout d’abord, mieux vaut connaître les attentes et les craintes de chacun des membres de votre famille. Les questions suivantes devront donc recevoir une réponse :

  • Pourquoi mes frères et soeurs ont-ils accepté de se réunir ?
  • Quels sont leurs besoins et leurs contraintes ?
  • Ces besoins et ces contraintes que je pressens sont-ils en contradiction avec les miens ?
  • Notre famille est-elle traversée par une ou plusieurs lignes de fracture ? Lesquelles ?
  • Sur quels points pouvons-nous nous rejoindre ?
2) Essayez de deviner les alliances
  • Demandez-vous comment vos frères et sœurs se représentent l’aide qu’ils peuvent apporter à l’un ou l’autre de vos parents.

Faites l’inventaire des alliances existantes entre frères, entre sœurs ou entre frères et sœurs.
Essayez aussi de savoir qui va tenter de se défiler.
Vos frères et sœurs sont-ils constructifs ?
Quelle va être l’attitude des conjoints ?
La femme de votre frère va-t-elle pousser son mari à sortir du jeu ?

  • Des différences culturelles peuvent exister au sein d’une même famille : quand une famille à une origine étrangère, les aînés, s’ils ont été plongés dans la culture d’origine, peuvent se sentir plus proches des parents, alors que les plus jeunes peuvent avoir opté pour les valeurs du pays d’adoption.
  • Les systèmes de valeur peuvent aussi différer selon les milieux professionnels, ou évoluer en fonction du mariage.
    Gardez en mémoire que quand l’un ou l’autre de vos frères et sœurs se marie, il tisse un ensemble de relations qui vous échappent en grande partie.
3) Envisagez d’emblée de jouer un rôle de médiation

Les conflits peuvent éclater au moment où un processus collectif s’enclenche. Rien ne sert de les éviter.

En revanche, il faut savoir les limiter, voire les faire évoluer dans un sens productif. La bonne volonté de chacun est impérative pour ne pas perdre de vue l’objectif initial : venir en aide à un parent en détresse.

Faites marche arrière immédiatement si vous sentez que la discussion s’engage dans une impasse, organisez des voies de sortie pour que personne ne perde la face”.

Cette capacité de chacun à dominer ses propres émotions suppose que l’on est parvenu à un équilibre relatif par rapport aux conflits du passé.

Votre maturité de médiateur fera de vous un leader naturel.

Si vous ne vous sentez pas capable de jouer ce rôle, proposez dès la première réunion de famille qu’un médiateur soit nommé. A charge pour lui d’empêcher un conflit de dégénérer.

Le médiateur doit donc s’évertuer à anticiper les conflits. L’excès d’angoisse, un rôle mal défini dans la mise en place du réseau d’aide à un parent dépendant peuvent générer ces types de conflits.

4) Restez calme !

Respirez profondément avant de dire ou de faire quelque chose d’irréparable.
Le pire arrive toujours parce que l’on cède à une impulsion incontrôlée.

Le plus dur est évidemment de rester calme vis-à-vis des accusations — toujours infondées ? — d’autrui. Vos frères et sœurs vous amèneront aussi à revivre des événements douloureux du passé, ils feront peut-être des déclarations déconcertantes ou que vous estimerez injustes…

N’y prêtez pas attention. Attribuez-les à la colère ou à l’amertume.

Seul le but à atteindre — rassembler la famille en vue d’une action constructive — compte.

Si vous perdez votre calme, n’hésitez pas à faire des excuses.

5) Reconnaissez qu’une solution peut faire défaut

Tous les problèmes n’ont pas leur solution. Tentez alors de redéfinir la question pour voir si une solution inattendue n’émerge pas. En cas d’échec, acceptez-le.

6) Sachez que vous êtes vulnérable

A votre insu vous pouvez être celui, ou celle, par qui le conflit se déclenche.

La colère rentrée, la tension qui se manifeste à travers une voix, un geste, une articulation abrupte, la conviction d’avoir raison, l’impatience… tout ceci peut créer une atmosphère qui ne demande qu’à exploser.

Il faut accepter l’idée que les situations sont complexes et que nul ne possède à lui seul les tenants et les aboutissants. Un peu d’humilité s’impose !

Techniques pour mobiliser ses proches

Vous cherchez à mobiliser vos frères et sœurs, oncles, tantes et cousins ?

Conseil numéro 1 : ne jouez pas les super(wo)man !” N’hésitez pas à avouer vos doutes et vos difficultés à affronter seul(e) les difficultés qui se présentent.

Trois possibilités existent pour mobiliser vos proches dans une action collective.

  • L’investigation
  • la cellule de crise
  • Des décisions pragmatiques

Soyez convaincu d’une chose : il n’y pas de solution idéale et les problèmes seront rarement également partagés.

Investigation

Il s’agit de collecter l’information. Quelles mesures peuvent être adaptées ? Quelles seraient les conséquences concrètes ? Comment s’y prendre ?

En cas de maladie, recherchez l’association qui regroupe les familles des personnes atteintes du même mal. Par exemple, France Alzheimer pour la maladie d’Alzheimer ou apparentées, France Parkinson pour la maladie de Parkinson… 

Pratiquez l’information de proximité.

N’hésitez pas à échanger des informations avec toute personne ayant vécu une situation similaire. Vous serez surpris du grand nombre de personnes occupées à régler un problème identique au vôtre.

Cellule de crise

Évaluez la perte d’autonomie de votre parent aussi précisément que possible. Demandez à vos proches de confirmer votre diagnostic. Multipliez les avis médicaux. Faites participer vos frères et sœurs à l’élaboration d’une solution. 

Si vous êtes l’aidant principal, ne prenez pas les décisions seul (e) dans l’urgence.
Vous aurez besoin d’aide à l’avenir. Et cette aide se prépare maintenant. Informez donc vos frères et sœurs en permanence et sollicitez leur avis. Déterminez avec eux ce qui risque de se produire si rien n’est fait.

Évaluez le danger pour la personne âgée elle-même comme pour son soutien le plus immédiat.

Impliquez vos parents. Si l’état de santé mentale de votre parent âgé le permet, tenez-le informé en permanence des discussions en cours.

Il est important et logique qu’une personne âgée soit partie prenante des décisions qui la concernent. Exposez-lui également les relations que vous avez avec vos frères et sœurs et les difficultés que vous pouvez ressentir à vous sentir isolé(e). Ne manifestez ni rancœur, ni sentiments négatifs.
Vous comprenez les autres et vous demandez seulement qu’on vous rende la pareille.

Écoutez ce que vos frères et sœurs ont à dire.
Même si vous sentez que vous êtes le ou la plus qualifié(e) pour prendre les premières décisions, n’écartez pas les suggestions sans les examiner.

Cherchez en permanence des compromis.
Toute maladresse peut provoquer le découragement et enclencher un cycle classique : frustrés, vexés par vos réactions abruptes, vos frères et sœurs lâcheront pied progressivement. Vous les accuserez alors de vous abandonner sans voir votre part de responsabilité dans cet éloignement.

Décisions pragmatiques
  1. Evitez l’action pour l’action.
  2. Ne prenez aucune initiative sans vous être informé au préalable et en avoir pesé les conséquences.
  3. Si vous vous sentez submergé(e) par l’émotion, prenez conseil auprès d’amis, allez voir un psychologue…
  4. Si vous avez besoin de l’aide de vos frères et sœurs, dites-le clairement. Évitez le mode revendicatif (“ oui, tu comprends, j’en ai assez de tout faire… ”) qui mène droit au conflit. Demandez leur avis sur la suite à donner. Et s’ils n’en ont pas, expliquez bien que vous hésitez entre plusieurs pistes. Les faire participer à l’élaboration d’une solution revient à les impliquer et à les responsabiliser.
  5. Même si vos frères et sœurs vivent à distance, ils peuvent jouer un rôle non négligeable. La régularité de leurs appels téléphoniques montrera tout d’abord à vos parents et à vos autres frères et sœurs que la famille est mobilisée. Ils peuvent certainement se déplacer de temps en temps pour visiter votre père ou votre mère handicapé(e), et/​ou le (la) recevoir pendant de courtes périodes.
  6. Si la distance s’avère un réel obstacle, une aide financière n’est pas à négliger non plus. Tenez-les informés régulièrement et vous verrez que leur soutien financier et psychologique peut avoir des conséquences positives pour tout le monde.
  7. Enfin, dès qu’il y a un problème, exprimez vos sentiments simplement et sans rancœur. Plutôt que de reprocher à l’un ou à l’autre de vos frères et sœurs de ne ” rien faire “, faites valoir combien votre rôle d’aidant principal vous épuise. Lancer un appel au secours au nom de la solidarité fraternelle vaut sans doute mieux que d’exiger une répartition exacte des corvées… sans avoir le pouvoir de l’imposer.
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